Futur-e-s étudiantes et étudiants
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Parents
« C’est plus facile de faire des p’tits que de faire des grands1.»
Arrive un jour dans la vie d’un parent où son enfant lui dira « J’ai trouvé ce que je veux faire (ou être) plus tard. » ou encore « Je suis inquiet ou inquiète parce que je ne sais vraiment pas quoi faire plus tard. ». Les connaissances d’un parent atteignent parfois des limites dans ces circonstances ; voici en conséquence quelques conseils pratiques pour entamer des discussions au sujet d’une étape importante dans le cheminement de votre enfant. Que faire dans chaque cas? Que faire également si aucune de ces situations ne se présente?
Dans la première situation, votre enfant a trouvé ce qu’elle ou il veut faire plus tard, voici quelques éléments qui peuvent vous guider dans votre discussion avec votre enfant :
- D’abord, écouter sérieusement.
- Ensuite, questionner sans juger (ex. : « Pourquoi? Qu’est-ce que tu aimes là-dedans? »)
- Puis, réagir sans disqualifier. L’important est de créer un pont sur lequel il faudra repasser.
- Ne pas craindre non plus de témoigner de son expérience ou de celle d’une autre personne.
- Surtout, ne pas se moquer quand l’autre cherche un appui.
Dans la deuxième situation, votre enfant s’ouvre à vous, mais elle ou il ne sait pas quelle direction prendre quant à son avenir. Voici quelques éléments pour vous guider dans vos discussions :
- Ici encore, écouter sérieusement; ne pas réagir à la légère (ex. : « Tu es bien jeune. Tu as le temps ».).
- Ensuite, questionner, chercher à comprendre pourquoi c’est difficile. L’amener à en parler davantage.
- On peut parler de sa propre expérience.
- Il faut l’encourager, lui dire que c’est normal et que beaucoup de jeunes ont l’impression d’être les seul-e-s à ne pas savoir.
Dans la troisième situation, votre enfant n’aborde pas du tout la question et vous voulez entamer des discussions avec elle ou lui. Voici d’autres éléments pour vous guider dans vos discussions :
- Ce sera à vous de briser la glace.
- Il faut en parler, montrer son intérêt, mais sans trop d’insistance et sans volonté de contrôle ou prise en charge totale de la situation.
- On doit questionner, échanger, offrir sa collaboration.
En résumé, que l’on se retrouve dans l’une ou l’autre de ces trois situations, il faut se rappeler que chaque histoire est unique selon :
- L’histoire des parents (et de leur propre famille d’origine), la place qu’ils font à l’éducation et leur rapport au travail.
- L’histoire de chaque enfant : son rapport à l’école, son rapport aux autres, son rapport au monde.
En tant que parents, nous avons plusieurs rôles à combler lorsqu’il s’agit de planifier les études postsecondaires de nos enfants. Entre autres, nous devons être à la fois :
- Des observateurs ou des observatrices : être à la recherche d’indices sur ce qui intéresse nos jeunes, sur ce qu’elles et ils sont comme personne, sur leurs aptitudes et leurs habiletés.
- Des questionneurs ou des questionneuses : « As-tu une idée sur ce qui t’intéresse? Si oui, pourquoi ces préférences, sinon, qu’est-ce qui t’embête? Est-ce que tes ami-e-s ont des idées? Où pourrait-on s’informer pour ceci ou cela? »
- Des conseillères ou des conseillers : en donnant nos réactions à leurs projets, en les validant ou en soulevant des aspects à clarifier. En partageant nos expériences et nos connaissances pour aider à poursuivre la réflexion. En les incitant à en parler à d’autres. En les aidant à mieux se connaître et se reconnaître. En tenant compte de leur personnalité, des aspects qu’ils doivent améliorer pour atteindre leurs buts.
- Des polices d’assurance : sécuriser, dédramatiser certaines situations. Remettre en perspective l’enjeu : idée de « carrefour de possibilités » plutôt que d’un « sens unique » ou d’un « cul-de-sac ». Laisser la porte ouverte à des revirements toujours possibles. Souligner leurs succès et réussites, leurs forces. Rassurer quant à l’enjeu financier.
- Des témoins : par le récit de nos propres rêves, hésitations, coups de cœur et détours dans notre carrière. Par le récit de l’expérience d’autres personnes que l’on connaît. Par notre expérience et notre connaissance du monde du travail. Par le rappel du « droit à l’erreur » dans ce cheminement. En tentant d’éviter les préjugés largement répandus par les programmes d’apprentissage, des collèges et des universités.
- Des planificateurs ou des planificatrices : rassurer quant à l’enjeu financier du coût des études qu’il faut bien planifier en famille.
En résumé : ce qu’il faut éviter...
- Faire la promotion de nos propres ambitions
- Vouloir trop influencer ou prendre le contrôle
- Trop pousser
- Marchander : si... alors...
- Trop couver
- Se défiler
- Trop s’effacer
- Éteindre la flamme quand elle se présente
En résumé : ce qu’on valorise...
- Importance du coup de cœur, des rêves, du sentiment d’être appuyé par ses parents.
- Importance d’une bonne préparation ou formation.
- Importance de l’idée du processus (voyage) plus que d’un choix sans appel (destination).
- Importance de la confiance en soi.
- Importance de développer sa capacité d’adaptation (pertinence de la formation continue).
En tant que parents, nous avons donc une tâche complexe, délicate, mais incontournable et très importante. Nous y sommes plus ou moins bien préparés, mais nos enfants doivent pouvoir compter sur nous et l’école doit pouvoir nous appuyer à ce niveau. La solution est donc dans l’ouverture, dans l’invitation au dialogue (jeunes, parents, école) et dans le climat que nous saurons créer pour cela.
1 Reprise du titre d’une chanson de Mario Chenart sur l’album J’ai pas dit mon premier mot. C’est aussi le titre d’une présentation du professeur de sociologie de l’Université de Hearst, Luc Bussières, lors de la conférence Ensemble, pour un parcours postsecondaire à leur mesure! tenue les 1er et 2 mai 2008.